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dimanche 29 juillet 2007

Ziguinchor, Casamance

Ziguinchor, escale obligée en Casamance ....
Petite entrée en matière, pour bien se situer (je suis amoureux des cartes moi), Ziguinchor est à peu près à 50 kilomètres à vol d'oiseau de la mer. On y voit périodiquement des dauphins, venus chasser les mulets jusque là. Incidemment l'échelle de cette carte est fausse, il faut lire 20 kms sur l'échelle et non pas 50 :


Mes traces d'approche de Ziguinchor ont à peu près cette tête là (merci ScanNav, qui me permet d'utiliser les cartes Mr SID de la NASA ! - il faut accepter le certificat) :


Dans le même genre, en plus précis, il y a Google Maps (cliquez sur le lien)

Quoiqu'il en soit, le mouillage des voiliers est à Boudody, en face de l'hôtel Kadiandoumagne :


Le Kadiandou, c'est l'outil caractéristique et emblématique de la Casamance, et "magne" je crois que ça veut dire "en fer". Cela ressemble à une sorte de pelle, en voici plusieurs sur ce lien, après le tracteur ;-) Voici l'entrée du Kadiandoumagne :


On y voit même Menkar, la jetée de l'hôtel, devant un cargo au mouillage :


La même, mais avec des pêcheurs utilisant l'épervier : c'est un filet rond, horriblement difficile à lancer, j'en ai acheté un petit pour faire mes vifs, j'en bave ..... :


Le Kadiandoumagne, vu du bateau :


La même, en arrivant au mouillage :


Sur la Casamance, il y a des tas de pirogues. Sur le bord de la Casamance, on les répare ou on en fabrique des neuves. Entre une pirogue neuve, presque terminée, à gauche, et deux autres à mi-construction, en voici l'embryon d'une, juste la pièce centrale de base, au milieu :


Différents stades de construction des pirogues :


Pour plus d'informations, allez là - lien Google - ou en particulier cliquez ici.

Bon, en dehors du fait que je me plaît bien à Ziguinchor - tous les voileux sont éparpillés dans les bolons de Casamance mais s'y retrouvent (à Zig) périodiquement pour s'approvisionner en eau, vivres et argent liquide (il en faut un peu...) - voici mon restaurant préféré, chez Sidi, à Boudody. Thiéboudiène (ou tiéboudiène, ça veut dire "riz poisson" en Wolof) parfait, pour 500 francs CFA, et l'accueil du patron :


Sinon, pour finir sur Ziguinchor, je vous dirai que j'y fais pas mal de balades en vélo, que ma destination préférée est le marché de Boucotte, haut en couleurs, que les faubourgs sont peuplés de gens sympas, prompts à la discussion et à l'invitation. En vélo, il faut prendre garde aux moutons, chèvres, cochons, ânes, et mêmes boeufs qui se baladent un peu partout (pas de chevaux, qui ne supportent pas la mouche tsé tsé). Il y a aussi des groupes de danses qui répètent tous les jours (les fanas du Djembé sont ravis), et des mini-concerts tous les jeudis, vendredis et samedis soir. Moi je préfère la Cora, plus mélodieuse et raffinée !

Voilà, c'était le quart d'heure pédagogique ;-)

Quelques liens, du moins bon au meilleur :
fortunecity , un lien assez pipeauteux ("les rues de Ziguinchor sont propres" ...? il a vu ça où ???),
ideecasamance : lien 1 ou lien 2, pété de rire quand je vois les guirlande d'huîtres moi,
factuel et informatif : sur le riz, la culture de base en Casamance,
incontournable : Wikipedia,
les sénégalais sont des tchatcheurs fous : un forum, par et pour les sénégalais,
complet et indépendant : senegalaisement.com, avec des pages diverses sur Ziguinchor, sur les campements, etc ...,
et le meilleur à mes yeux : Vivre au Sénégal ... dans les jardins de KASSOU, n'hésitez pas à parcourir ses pages, c'est une mine de renseignements, des photos magnifiques, des "reportages" pertinents et inédits .... en gros le genre de blog que j'aimerai petit à petit faire en ces lieux, pour privilégier photos et amour des gens et de leurs cultures ......



samedi 28 juillet 2007

Voyages en Casamance

Après Ziguinchor, retour vers les bolons, direction le nord-ouest de la Casamance, l'embouchure de la Kallisseye : lien Google Maps et mes traces sur la carte satellite :

Aller Ziguinchor - Niomoune (en vert), puis dans un dédale de petits canaux, en allant doucement, au sondeur et au pif, toujours à l'extérieur dans les virages, à marée montante, direction l'estuaire de la Kalisseye (en jaune). Echassiers, rapaces, martins-pêcheurs, cormorans, dauphins, énormes chauves-souris ...... Petit bivouac, il faut attendre la renverse du courant. Fin du trajet (en rose), mouillage pour la nuit dans un tout petit bolon, pas loin de la mer. Après quelques jours passés vers l'estuaire (voir le message précédent "Mai 2007, arrivée en Casamance"), j'entreprends une traversée un peu plus difficile, un truc pas marqué dans les guides, qui me vaut trois échouages successifs dans des passages étroits, où je suis parfois obligé de précéder le bateau à pied pour trouver la veine d'eau qui permettra de laisser passer Menkar et ses 75 centimètres de tirant d'eau ..... je suis content d'avoir un dériveur !!

Chemin faisant, pendant le troisième échouage, je rencontre des villageois, des jeunes gars qui m'invitent expressement à les suivre jusqu'à leur village. Tout le monde est là me disent-ils, c'est le quatrième jour qui marque la fin d'une série de cérémonies funèbres, il faut que j'honore le village. Ils m'aideront à sortir le bateau d'un mauvais pas :


Le lendemain matin et toutes les journées qui suivront nous les passerons au village de Katène, qui n'a pas vu passer de voilier depuis .... 15 ans m'a-t-on dit. On n'est plus là dans une logique "touristique", et cela se sent à chaque instant, c'est l'immersion dans un autre continent, j'oserai dire une autre dimension. On mangera des huîtres juste ouvertes au feu de bois, des fruits dont je ne me souviens plus du nom, des mangues aussi (je reparlerai des mangues qui sont fa-bu-leu-ses au Sénégal, spécialement en Casamance). Un soir, après la dernière réunion funèbre à laquelle j'assiste, de loin, il y a un grand repas, pris en commun par tout le village, au cours duquel j'abuserai du bounouk (on me fera abuser dirai-je ... mais il n'a pas fallut me forcer beaucoup !). L'ambiance, la nuit serré entre 50 ou 60 personnes, les chants, la lune, le bounouk, je ne m'appartiens plus tout à fait, je flotte .........

Le village de Katène, au milieu des grands arbres :


Le Bounouk, c'est le vin de palme, fruité, légèrement gazeux et sucré quand il est frais, sorte de verjus ou de cidre assez alcoolisé. Voici comment on le récolte, avec des bouteilles qui recueillent directement la sève du palmier :


Pendant le séjour, Rose et Domi échangent des adresses et des numéros de téléphone :


Le Bombolong, tambour rituel, équivalent de notre tocsin, qui sert encore à annoncer les décès et autres évènements importants :


Pendant le séjour, j'en profite pour faire quelques travaux de maintenance. Là j'attends que l'eau baisse :


Je change le joint tournant (lequel assure l'étanchéïté de l'arbre d'hélice), et la bague d'étambot (pour guider l'arbre d'hélice dans l'étambot - c'est à dire le tube dans lequel passe l'arbre d'hélice), après avoir enlevé l'hélice :


Et c'est le départ pour Djogué, qui se trouve entre Dimassane et Boulana, vers l'embouchure de la Casamance (trace orange ci-dessous), pour mouiller juste avant Dimassane:


J'emporte la fine équipe qui m'avait sorti du troisième échouage, qui rentre à Djogué avec moi. Certains iront à Dakar, d'autres à Ziguinchor ou à Boulana, au nord de Djogué (Boulalo sur la carte). De gauche à droite : Edouard, Bruno, ma pomme, Jean-Louis, Jean-Paul, Lucien :


A la pointe de Djogué, il y a un étonnant ballet de dauphins, qui s'amusent véritablement à ras de la pointe. J'essaie de les filmer, de prendre des photos, en vain ! Avec ces petits appareils photos numériques, il y a tel retard entre le moment où l'on appuie sur le déclencheur et le moment ou l'appareil prend la photo, que je les loupe !!!! Enfin ça peut donner ceci :

Ou bien cela :


Ensuite c'est la traversée vers Cachouane, Elinkine, pas le temps cette fois-ci d'aller vers Ehidji, dont m'a dit le plus grand bien. Retour vers Ziguinchor donc .... à bientôt !!




vendredi 27 juillet 2007

Mai 2007 : arrivée en Casamance

Une petite carte empruntée, qui donne l'échelle. Il est possible de remonter jusqu'à Ziguinchor, ensuite il y a un pont qui interdit aux voiliers de passer plus amont (le mât ne passe pas) :

Voici un petit résumé de mes premières navigation, les bancs de sable sont en jaune, mes traces de toutes les couleurs :


Quand on arrive au large du Sine Saloum ou de la Casamance, on est un peu déçu : la côte est insignifiante, très basse, très plate. Par rapport à la Corse, à Gibraltar, aux Canaries, ou même aux Cap Blanc (Mauritanie) et Vert (Dakar), qui présentent de beaux reliefs, cela surprend. Et puis lorsque je me suis engagé dans l'estuaire puis dans les bolons, j'ai été également surpris. Quelques arbres (en fait des arbres immenses : fromagers, palmiers, baobabs monumentaux vus de près) et les palétuviers. Dans mon imaginaire je voyais quelques chose de verdoyant, comme la forêt primaire équatoriale qu'on voit dans "Tarzan" !! Mais c'est comme ça. Je vous présente donc le palétuvier - un petit palétuvier, il y en a de très gros - qui compose la mangrove (voir note ci-dessous) :

La mangrove, je cite :
"une végétation intense dont les racines sont couvertes d’huîtres, le tout installé sur un fond de vase très profond. Un milieu étrange de forêts amphibies dont l’arbre le plus connu est le palétuvier perché sur des racines-échasses. Au milieu de cette forêt sur pilotis, où seules les bateaux et pirogues accèdent, des flamants roses, des hérons, des loutres et le très rare lamantin. Ça, c’est le côté carte postale.
Mangroves en danger : La zone du delta du Saloum comme celle de Casamance est frappée par l’érosion côtière et par la salinité des sols. La mangrove y est essentielle car elle fixe les sols, fournit les nutriments essentiels pour les alevins et accueille les colonies d’huîtres. La mangrove fournit également la pharmacopée locale et des revenus substantiels aux femmes qui exploitent les mollusques. Cependant, la baisse de la pluviométrie et l’exploitation anarchique de la mangrove ont accentué la régression des peuplements, avec comme résultat, la dégradation de l’environnement et la diminution des ressources. Au même titre que la faune et la flore, les populations locales sont les premières victimes de la mutilation du couvert végétal. La coupe du bois de mangrove se pratique pour la production du bois d’énergie et de service. D’autre part, pendant longtemps, les populations ont coupé les palétuviers à la base pour récolter les huîtres. Mais l’inadéquation entre les prélèvements de bois et les potentialités des secteurs de coupe est patente, d’où l’amenuisement des ressources ligneuses et sa cohorte de conséquences néfastes sur l’écosystème."

Quelques liens, pour votre agrément : lien 1, lien 2 et lien 3, à vous d'apprécier.

Dans les bolons, les palétuviers laissent donc souvent la place à de beaux baobabs, qui reverdissent à la saison des pluies, et portent des fruits appelés pains de singe, fruits qui donnent un jus de fruit savoureux et onctueux, le bouille :


Après un petit séjour vers Cachouane, près de l'embouchure, je me suis rapidement rendu à Ziguinchor, qui fera l'objet de mon prochain "post", comme ils disent. Puis je suis redescendu à l'embouchure de la Kalisseye (les traces les plus au nord), voici qui permet de situer : lien Google Maps.
Voici en image ce que cela donne. L'embouchure, très sauvage, pratiquement déserte, poissonneuse à souhait :

D'un peu plus près, des déferlantes. La sortie est pratiquement impossible pour un voilier, peut-être par très petit temps, à marée basse. La pointe de sable est pêchable au lancer léger, avec un petit rapala ou un raglou ........ il y a des surprises !! :


Juste avant l'estuaire, une belle végétation : filaos, tamariniers, fromagers monumentaux, très grands palmiers .... c'est la Casamance !


Vu de plus près :


Il y a un petit village, perdu dans les arbres :


J'attends le pain, l'épicier est attendu ! mais il est pardonné, il doit faire huit kilomètres à pied pour approvisionner sa boutique ........


Sur la pointe de sable, dos à la mer :


Des pélicans par dizaines :


Un capitaine, ou Plexiglass à cause de son museau transparent. Sur du trente centièmes, avec une canne au mort manié pour le Sandre, c'est du grand sport. J'ai touché aussi des beaux barra, et j'y retournerai pour les Carpes Rouges :


A bientôt ! ;-)


samedi 21 juillet 2007

Mars 2007 : Saloum, Diombos et Bandiala

Départ de Dakar le 21 mars à 12h30, arrivée à Sipo le 22 à 15h40, 101 nm (milles nautiques parcourus, à 3,8 kts (noeuds) de moyenne : c'est pas terrible, mais c'est tout à la voile (sauf la remontée du Bandiala).

Petite nav sans histoire donc, j'ai choisi de viser Sipo et le Bandiala (voir cartes ci-dessous), au pif, et bien m'en a pris : j'y connaîtrai de riches heures et je vérifierai ensuite que le Saloum et le Diombos sont plus larges, plus ventés, moins intimes que le Bandiala, où l'on peut rencontrer tout ce que le Sénégal peut offrir, et la liste est longue .....

Carte du Saloum :


La même vue, avec une carte satellite (on voit quelques unes de mes traces, enregistrées avec mon logiciel de navigation favori, ScanNav - oui je suis partisan, et non je ne me soignerai pas !) :


La carte satellite, téléchargeable gratuitement, lue avec ScanNav, c'est bougrement pratique pour visualiser un gros banc de sable, et je m'en servirai beaucoup au Sine Saloum et en Casamance. Je vous donne aussi les liens Google Maps qui vont bien : lien 1 (plan) et lien 2 (satellite).

En fait, sur mes cartes papiers, celles achetées avec Menkar (que j'ai numérisées avec mon petit scanner A4, par petit bout, et rassemblées avec Panavue ou ScanNav), il y avait des annotations sur Toubacouta, Sipo, et d'autres villages, suffisamment élogieuses pour me donner envie d'y aller.

Il y a un point de chute très chaleureux à Toubacouta, à l'hôtel KEUR SALOUM, également un rendez-vous de pêcheurs, qui accepte aimablement que les voiliers laissent leur annexe attachée à son ponton privé (il ne faudrait pas qu'on soit 50, c'est sûr !) :


Menkar, vu du Keur Saloum (Keur ça veut dire "maison"), à Toubacouta :


Au Saloum, les mouillages sont sûrs, et on peut même y caréner tranquillement :


Entre de multiples activités (pêche, baignade, palabre, cuisine, observation des étoiles - le ciel est très lumineux, pas de pollution lumineuse - lecture), je ferai du convoyage de pêcheuses d'huîtres !! Il faut dire qu'elles sont courageuses : une ou deux heures de pagaie le matin, 6 ou 7 heures dans l'eau à se faire taillader les avants-bras par les huîtres, coincées dans les palétuviers, et retour le soir avec la marée :


Incidemment, je serai invité à déjeuner ou dîner chez trois soeurs, Béatrice, Delphine et Michelle :


Sachez qu'au Sénégal (je ne généraliserai pas faute d'expérience à toute l'Afrique), vous serez TOUJOURS invité à partager les repas, si modestes soient-ils, sans limitation de durée, de fréquentation, et sans conditions. A nous de ne pas en abuser.

J'écrivais le 22 avril, dans un mail :
"Depuis un mois au Sine Saloum dans l'île de Sipo, village du même nom .... les communications sont difficiles, à deux heures du plus proche téléphone fixe (celui-ci est à Toubacouta, un patelin paumé, et il n'y a l'ADSL qu'a Kaolak, à une heure trente de route de Toubacouta.

Par contre il fait chaud la journée (jusqu'a 37°C), on se baigne facilement dans les bolons (26°C dans l'eau, un bolon = un bras de mangrove parcouru deux fois par jour par le flux et le reflux des marées), le mouillage du bateau est parfait, la pêche est bonne, je suis dans un village d'une trentaine de cases ou les gens sont très gentils et accueillants : toujours en train d'attendre des cadeaux du "toubab" (= le blanc de service), mais pas de vols, pas de méfiance réciproque. Le bounouk est très très bon (c'est du vin de palme, peu alcoolisé, un peu comme le verjus ou un bon cidre fruité - qui possède plein de vertus curatives : une vraie potion naturelle de jouvence), les carpes rouges et autres thiof (des poissons) sont succulents et combatifs, cuisinés avec un ou deux pieds de manioc (il faut insister pour en avoir, ils n'en plantent plus beaucoup, c'est tout le temps du riz sans cela - en Casamance ils cultivent beaucoup plus qu'ici, il y a presque abondance de fruits et de légumes). Il y a de cela deux semaines, un incendie a ravagé le village, c'était très impressionnant - des flammes de 30 mètres de haut - et heureusement sans victime, mais vingt cases ont été brûlées et tout ce que ces gens très simples avaient avec : donc les (rares) toubabs qui connaissent Sipo ont mis la main à la poche pour acheter du fil de fer pour refaire les cases, fait des aller - retours pour récupérer de la paille (toits et clôtures) - le stock avait brûlé aussi.

En fait je vais mettre tout cela progressivement sur le papier, en me forçant à le faire. Ici tout te pousse a sortir du bateau pour vadrouiller, aller discuter le bout de gras avec les gens en passant dans les cases, poser une nasse ou un filet, chasser le phaco, observer les oiseaux - c'est comme un parc ornithologique - découvrir sans arrêt des choses qui t'échappent au premier abord. Et j'en oublie tellement !

Ah si : pas de télé, pas de courant électrique, le soir ce ne sont que des feux de camps disséminés, on peut aller ou l'on veut dans le village et rentrer chez les gens, qu'on apprend progressivement à connaître : curieuse impression de se trouver dans le noir absolu, perdu dans le village, sous un ciel immense et lumineux, une lune complètement différente de celle que nous voyons en France (le croissant est horizontal, comme cela,en "U" - pointes en haut - et non pas "(" comme une parenthèse, avec les bruits de la nuit sénégalaise (oiseaux, hyènes, etc ...) et puis de se faire accueillir autour d'un feu ou d'un autre, tailler un bavette, donner un médicament ou des hameçons - ou rien c'est pas grave, recevoir un paquet d'huîtres séchées ou la récolte du jour de noix de cajou tout juste torréfiées, ou un demi litre de bounouk, qui se boit frais après la récolte du jour - de la veille plus précisément, car il faut une nuit de fermentation pour être a point [La récolte quel boulot ! : il faut grimper à vingt mètres au cocotier, en plein cagnard et rester la-haut à récupérer la sève du jour et disposer les nouveaux collecteurs fabriqués sur place avec les feuilles du cocotier].

Lorsque l'on veut voir quelqu'un en particulier, on le trouve rarement chez lui : mais chacun sait (comment font-ils?) chez qui se trouve untel ou untel. Je suppose que c'était un peu comme ça en été dans nos campagne avant la télévision ? En tout cas je suis maintenant souvent invité à partager le repas du soir, qui est pris assez tard : quelqu'un apporte une grande gamelle, pour trois ou quatre ou six personnes, et on mange tous ensembles dans le même plat, chacun piochant juste devant lui; quand tu es trop timide à te servir, quelqu'un te pioche un bon morceau et te le mets juste devant toi dans le plat, et il faut le manger, c'est une offrande.

Je m'aperçois à écrire que cela va être long en fait de décrire par le détail tout ce qu'il peut y avoir de différent avec notre vie d'européen. Bon j'y vais, ....."

Après la récolte des huîtres, les ouvrir, puis les faire sécher, pas beaucoup d'autres moyens de récupérer de l'argent :


Les travaux quotidiens se font avec un petit passager sur le porte-bagage ;-) :


Pour la cuisine, il suffit d'aller à la cuisine, et de tourner le bouton du gaz :


Un bon moyen d'agrémenter les repas (tout le monde apprécie), un Thiof - petit mérou juvénile qui quitte les bolons ensuite pour aller s'engraisser en mer - et une carangue (délicieuse aussi en carpaccio) :


Ma première carpe rouge, au lancer, sur 30 centièmes (ça déménage, croyez-le !!!) :


De nuit, un Elops à la mouche, de la digue du Keur Saloum (photo prise par Jean), avec une mouche à truite de mer :


Un plaisir, la séance de cinéma, au programme, Blanche Neige et les Sept Nains. L'embarquement :

Un petit en-cas avant la séance :


Je ne partirai que le 6 mai du Saloum, en me faisant un peu violence. Avec le recul, j'estime que ça vaut le détour : la majorité des voileux - pas tous, mais j'ai vu peu de plaisanciers au Saloum - filent directement de Dakar sur la Casamance, et ils ont tort ! Certes, il n'y a pas l'équivalent de Ziguinchor, et Toubacouta est bien petit par comparaison, mais je m'y sentais bien, avec des allers retour fréquents entre les villages.